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Quelle est la valorisation du fonds de commerce d’une boulangerie?

 

La boulangerie est un commerce qui occupe une place dans le paysage commercial français, faisant partie intégrante de la croissance de l’économie du pays. Actuellement, on compte plus de 34.000 artisans boulangers-pâtissiers avec 35.000 points de vente repartis sur tout le territoire, réalisant un chiffre d'affaires (CA) annule de 15 milliards d'euros TTC selon la Confédération Nationale de la Boulangerie et Boulangerie-Pâtisserie Française.

 

C'est aussi l'un des plus complexes à évaluer : la boulangerie cumule les contraintes d'un métier artisanal réglementé, d'un outil de production lourd, et d'un commerce de proximité dont la valeur dépend autant de l'emplacement que du talent du boulanger. 


 

Une activité reglementée

 

Comme la boucherie, la boulangerie est un métier qualifié. L'exploitation d'une boulangerie artisanale est soumise à l'obtention d'un diplôme professionnel (CAP Boulanger ou équivalent) et au respect du titre "Boulangerie" défini par la loi de 1998, qui impose que le pain soit pétri, façonné, fermenté et cuit sur place. Ces exigences ont des conséquences directes sur la transmission :

Le vivier de repreneurs qualifiés est plus restreint que pour un commerce généraliste. Un repreneur sans formation boulangère devra s'appuyer sur un salarié qualifié, ce qui alourdit la masse salariale et réduit la rentabilité perçue.
L'enseigne "Boulangerie" ne peut être utilisée que si ces conditions sont respectées. Un repreneur qui sous-traiterait la fabrication perdrait le droit à cette appellation et souvent une partie significative de sa clientèle.
Une période d'accompagnement par le cédant est fréquemment négociée pour assurer la continuité des recettes, des fournisseurs et de la relation client.

 

 Plus de détail sur la LOI n° 98-405 du 25 mai 1998 déterminant les conditions juridiques de l'exercice de la profession d'artisan boulanger.

 

Le fonds de commerce est un élément indissociable de la boulangerie

Le fonds de commerce est l’ensemble des éléments dont se sert le commerçant pour exercer son activité commerciale. Il est constitué d’éléments corporels et incorporels.


Lorsque le dirigeant souhaite vendre sa boulangerie, il lui faudra une valorisation de son fonds de commerce pour estimer le prix de vente de ce dernier.

 

  • Les éléments corporels représentent un poste particulièrement lourd dans une boulangerie : four à sole ou à chariot, chambre de fermentation, chambre froide, pétrin, façonneuse, vitrine réfrigérée, mobilier de vente. L'état de ces équipements est déterminant, un four professionnel récent représente un investissement de plusieurs dizaines de milliers d'euros, et son remplacement imminent sera systématiquement intégré dans la négociation du prix par le repreneur.

  • Les éléments incorporels regroupent la clientèle, l'enseigne, le nom commercial et le droit au bail. Pour une boulangerie, la clientèle est généralement de grande fidélité. Les habitudes d'achat du pain sont parmi les plus ancrées dans la vie quotidienne mais elle peut être très sensible au changement de boulanger. La qualité des produits, les recettes maison et le savoir-faire du gérant sont des atouts transmissibles uniquement si le repreneur maintient un niveau de qualité équivalent.

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    Les méthodes d’évaluation du fonds de commerce d’une boulangerie

    Il existe plusieurs méthodes pour évaluer le fonds de commerce. Il convient tout même de noter que l’évaluation de votre fonds de commerce est primordiale pour revendre au meilleur prix.

     

    La méthode basée sur le chiffre d’affaires :

    Cette méthode est réalisée sur la base du chiffre d’affaires, sur lequel est appliqué un pourcentage.

    Actuellement, nous observons une fourchette comprise entre 15% et 78% du chiffre d'affaires.

    Cette fourchette très large s'explique par des écarts considérables de situation à situation :

    Une boulangerie avec un bon emplacement, un four récent, un bail solide et une clientèle diversifiée, peut se situer sur la fourchette haute.
    Une boulangerie en zone rurale, avec un matériel vieillissant, un bail précaire ou une forte dépendance au gérant, se situera plutôt vers la borne basse.

     

    La méthode basée sur la rentabilité :

    L'excédent brut d'exploitation (EBE) est l'indicateur le plus fiable pour mesurer ce que génère réellement la boulangerie, indépendamment des éléments exceptionnels. C'est la méthode qu'utiliseront systématiquement les banques pour évaluer la finançabilité de l'opération.


    Le principe : l'EBE doit permettre de rembourser la dette d'acquisition sur 7 ans, avec un apport personnel du repreneur de 20 à 30 % du prix total. Si ce test n'est pas satisfait, le financement bancaire sera difficile à obtenir et le prix devra être ajusté.

    Pour une boulangerie, l'EBE doit être retraité avec attention : la rémunération du gérant (souvent celle d'un artisan travaillant 60 à 70 heures par semaine) doit être normalisée à sa juste valeur de marché, au risque de surestimer la rentabilité réelle de l'affaire.


     

    La méthode Rétail :

    Cette méthode consiste à calculer le bénéfice moyen dégagé sur la durée du bail restant, puis à le capitaliser pour obtenir une valeur de fonds. Elle est moins utilisée que les deux précédentes mais peut être pertinente pour des boulangeries avec des durées de bail significatives et des revenus stables.



     

    Les critères impactant l’évaluation

    Evaluer un fonds de commerce reste compliqué car non seulement, il faut évaluer le fonds, mais il faut aussi tenir compte de l’environnement de la boulangerie. Les critères à prendre en compte sont entre autres :

     

  • L'emplacement, c'est le critère numéro un
    Une boulangerie de quartier bien placée, rue commerçante, à proximité d'une école, d'une station de transport en commun ou d'un marché, dispose d'un flux naturel de clientèle qui constitue un actif à part entière. À l'inverse, une boulangerie implantée dans une zone en déclin démographique ou confrontée à une concurrence directe accrue (nouvelle boulangerie industrielle, drive, grande surface) subira une pression sur ses volumes et sa valorisation.
    La visibilité du local, la facilité de stationnement et la configuration de la vitrine sont également des éléments à prendre en compte.

  • L'état et la capacité de production des équipements
    Le four est le cœur de l'outil de production. Son âge, sa capacité de fournée, sa consommation énergétique et sa conformité aux normes en vigueur sont des éléments scrutés par tout repreneur sérieux. Un four récent, économe en énergie et bien entretenu est un argument de valorisation majeur. Un four en fin de vie représente un investissement immédiat à déduire du prix.
    Au-delà du four, l'ensemble du laboratoire de fabrication doit être évalué : état des chambres froides, conformité aux normes d'hygiène, capacité de stockage des matières premières.

  • Les conditions du bail commercial
    Le bail est souvent le nerf de la guerre, en particulier pour les boulangeries implantées en zone urbaine dense où les valeurs locatives sont élevées. Un loyer représentant plus de 8 à 10 % du chiffre d'affaires devient une charge structurelle qui comprime la rentabilité et fragilise la transmissibilité. À l'inverse, un bail avec une longue durée restante, un loyer modéré et des clauses de renouvellement favorables constitue un actif incorporel significatif, parfois désigné comme "droit au bail positif".
    Si le bail inclut un logement de fonction au-dessus ou attenant au local commercial, cet élément doit être valorisé séparément et peut représenter un atout supplémentaire pour attirer certains profils de repreneurs.

  • La dépendance au savoir-faire du gérant
    C'est souvent le point le plus délicat dans une boulangerie artisanale. Si la réputation de l'établissement repose sur les recettes personnelles, le tour de main ou la personnalité du boulanger en place, le risque de fuite de clientèle post-cession est réel. À l'inverse, une boulangerie avec une équipe de production stable, des fiches recettes documentées et une enseigne reconnue indépendamment du gérant présente une transmissibilité bien meilleure.
    Il est donc recommandé pour les deux parties (cédant et repreneur) de faire des évaluations du fonds de commerce pour proposer un prix "juste". Certes, le vendeur voudra vendre à un prix élevé mais l’acheteur souhaitera de son côté, acquérir au prix le plus bas possible.
    Il faut donc un "juste" prix pour satisfaire les deux parties.
  • La conjoncture et les tendances de consommation
    La boulangerie artisanale bénéficie d'un regain d'intérêt des consommateurs pour les produits de qualité, les farines alternatives (épeautre, seigle, blé ancien) et les processus de fermentation lente. Ce positionnement "boulangerie de qualité" est porteur et soutient les prix de cession. En revanche, les boulangeries positionnées uniquement sur le bas prix subissent une concurrence accrue des boulangeries industrielles et des grandes surfaces.

     
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    Conclusion

     

    Évaluer une boulangerie, c'est croiser plusieurs approches complémentaires. Le barème sectoriel donne un ordre de grandeur, la rentabilité réelle détermine la finançabilité, et les éléments qualitatifs, emplacement, état du matériel, transmissibilité du savoir-faire, conditions du bail affinent la fourchette dans un sens ou dans l'autre.

    Une évaluation sérieuse, documentée et défendable est la meilleure garantie d'une cession réussie dans des délais raisonnables, à un prix juste pour les deux parties.


    Pour une estimation précise de votre boulangerie, faites appel à un professionnel pour vous accompagner.

     

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